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Qu'est-ce que le contemporain ?


DATE : 9 JUILLET À 15H
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    Théâtre des idées


    avec
    François Cusset, historien des idées
    Patricia Falguières, critique d'art
    Lionel Ruffel, historien de la littérature


    Que signifie être de son temps ? Comment peut-on réfléchir sur son époque ? Doit-on penser avec ou contre elle ? Faut-il être absolument moderne ? Comment définir les contours d'un art contemporain qui oscille parfois entre querelles et malentendus ? Afin d'éviter le simple constat - le contemporain, c'est ce qui se passe au moment présent, les événements ou œuvres qui sont de notre temps -, il serait tentant de dire que ce terme introduit une rupture au moins formelle avec la « modernité », mot introduit par Baudelaire et que le philosophe allemand Jürgen Habermas considère comme un « projet inachevé ». S'il s'est substitué au mot « moderne », une malédiction pèse cependant sur le contemporain. Selon le philosophe italien Giorgio Agamben, le « contemporain est celui qui reçoit en plein visage le faisceau de ténèbres qui provient de son temps ». Il y aurait comme un accord tacite au sein d'une certaine pensée critique. Pour nombre de contempteurs du temps présent, le monde contemporain aurait détruit l'expérience, annihilé les sens, réduit l'existence à la survie. Impossible voyage, dépolitisation de la politique, grégarité consumériste, conditionnement technologique... Le discours philosophique de la modernité est en grande partie celui de la « merdonité », selon le mot de Michel Leiris. Comment résister à la tentation nostalgique d'un retour au passé sans tomber dans un acquiescement béat à la nouveauté ? Comment aborder des œuvres d'art où le jeu et l'expérimentation occupent une grande part ? Car il n'existe pas un art contemporain, pour ne s'en tenir qu'au seul champ esthétique, mais des façons différentes d'appréhender l'étrangeté ou la familiarité des formes plastiques de notre contemporanéité. Entre esthétique et politique, littérature et philosophie, une réflexion à plusieurs voix d'une nouvelle génération d'auteurs sur la condition postmoderne.


     


    photo © Clémence Hérout

  • François Cusset

    Historien des idées, François Cusset est professeur d'études américaines à l'université de Nanterre. Editeur et traducteur, il a dirigé le Bureau du Livre Français à New York. François Cusset est l'auteur de French Theory : Foucault, Derrida, Deleuze et Cie et les mutations de la vie intellectuelle aux Etats-Unis (La Découverte, 2003) dans lequel il montrait comment les concepts de « déconstruction » ou de « biopouvoir » ont voyagé outre-Atlantique, de La Décennie : le grand cauchemar des années 1980 (La Découverte, 2006), ouvrage critique sur la contre-révolution intellectuelle et idéologique dans la France des années 1980 et Contre-Discours de Mai (Actes Sud, 2008). Au plus près des concepts voisins de « présentisme », ce présent déréalisé des médias sans avenir ni passé, et de « postmodernisme », cet âge ironique et combinatoire qui ferait suite à la modernité, le contemporain interroge selon lui « le rapport des œuvres au changement historique ainsi que la possibilité, ou non, de constituer un sujet collectif de l'histoire après la dévaluation des grandes utopies émancipatoires ».


    Patricia Falguières

    Membre de l'École française de Rome de 1985 à 1989, Patricia Falguières est professeur à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Ses travaux ont porté sur la philosophie et l'art de la Renaissance, les classifications, les encyclopédies, les index et la naissance du musée dans l'Europe moderne, et sur le Maniérisme. Elle a publié de nombreux essais dont Les Chambres de merveilles (Bayard, 2002), Le Maniérisme. Une avant-garde au XVIe siècle (Gallimard, 2004). Parallèlement, elle intervient régulièrement par ses articles et ses essais dans le champ de l'art contemporain. En 2007, elle a publié, à l'occasion de l'exposition « A Theater without Theater » conçue par Bernard Blistène et Manolo Borja pour le Musée d'art contemporain de Barcelone, un essai sur les relations entre les arts plastiques et le théâtre (version française : « Aire de jeu. À propos du théâtre et des arts au XXe siècle » in Cahiers du Musée national d'Art Moderne 101, automne 2007).


    Lionel Ruffel

    Théoricien de la littérature, Lionel Ruffel est maître de conférences de littérature générale et comparée à l'université Paris-8 Vincennes - Saint-Denis et directeur scientifique des programmes parisiens de Boston University. Spécialiste de littérature contemporaine, il est l'auteur de Le Dénouement (Verdier, 2005), tentative de saisir les soubassements esthétiques et idéologiques d'une littérature dont nous sommes les contemporains. Connaisseur et analyste de l'œuvre d'Antoine Volodine et des relations entre esthétique et politique dans la littérature française contemporaine (Volodine post-exotique, Cécile Defaut, 2007), il a dirigé deux ouvrages collectifs : A quoi jouons-nous ? et Qu'est-ce que le contemporain ? (Cécile Defaut, 2008 et 2010). Il codirige la collection « chaoïd » des éditions Verdier et la revue en ligne du même nom (www.chaoid.com), qu'il présente comme « un organe de résistance aux théories actuelles de la fin tout autant qu'un lieu de production et de désir de l'avenir ».


 

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