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L'exercice du pouvoir
conduit-il nécessairement
à des abus de pouvoir ?


DATE : 16 JUILLET À 15H
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    avec
    Mathieu Potte-Bonneville philosophe
    Sophie Wahnich historienne


    Tyrannie ou démocratie, les exemples d'abus de pouvoir ne manquent pas. Non seulement tel dictateur ubuesque se permet d'affamer son peuple et d'accumuler les richesses, mais de nombreux représentants d'une République démocratique n'hésitent pas aujourd'hui à « se servir plutôt qu'à servir ». Les abus de pouvoir ne sont pourtant pas l'apanage des sommets de l'Etat. A l'école, à l'université, dans la rue, la famille, au guichet, dans les partis ou à l'intérieur de l'entreprise, des groupes ou des individus exercent leur emprise, profitent de leur position afin d'asseoir leur domination. Pourquoi est-on sensible aux abus pouvoir ? Pour quelles raisons y cède-t-on si souvent ? Le pouvoir corrompt-il nécessairement ? Peut-on diriger sans dominer ? Les attributs du pouvoir éloignent-ils du sens des responsabilités civiques ? Les révolutions sont-elles condamnées aux dérives autoritaires ? Comment éviter, même en démocratie, que le gouvernement de tous ne se transforme en la tyrannie d'un seul ? La résistance à l'oppression est une vertu individuelle qu'il serait peut-être possible d'entretenir, le refus des abus de pouvoir une sensibilité à éveiller par une vie démocratique plus concrète et effective, par une éducation destinée à former un corps social résistant, comme le pensait notamment les Révolutionnaires de 1789, avant que la réaction thermidorienne ne répande l'idée que l'émancipation populaire ouvre inéluctablement la porte aux dérives totalitaires. Et si, comme le disait Alain (1868-1951), la démocratie n'était qu'« un effort perpétuel des gouvernés contre les abus du pouvoir » ? Une conversation où seront invités les textes et les propos de Montesquieu et Foucault, Robespierre et Saint-Just, et qui prendra à bras-le-corps les questions de personnes et l'art des coups tordus, à travers un va-et-vient permanent entre passé et présent.

  • Mathieu Potte-Bonneville

    Directeur de programme au Collège International de Philosophie, Mathieu Potte-Bonneville est un spécialiste de l'œuvre de Michel Foucault. Co-auteur de Faire Mouvement (avec l'éditeur Eric Hazan, les Prairies ordinaires, 2005), il a notamment publié Foucault, l'inquiétude de l'histoire (PUF, 2004) ; D'après Foucault (avec l'historien Philippe Artières, Prairies ordinaires, 2007) ; Archives de l'infamie (avec le Collectif Maurice Florence, Prairies ordinaires, 2009). Il est également, depuis sa création, l'un des animateurs de la revue Vacarme, trimestriel politique et culturel (www.vacarme.org). Ses recherches actuelles portent sur l'émergence contemporaine d'une pensée des usages et des usagers, à l'articulation entre politique, philosophie et sciences sociales. Professeur en classes préparatoires littéraires au lycée Jean Jaurès, à Montreuil (93), auteur de chroniques réunies dans Amorces (Les Prairies ordinaires, 2004), il a récemment publié Foucault (Ellipses, 2010), une approche pédagogique et approfondie de l'auteur de Surveiller et punir (1975).


    Sophie Wahnich

    Directrice de recherche au CNRS et à l'institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain Laios (EHESS), Sophie Wahnich est une historienne de la sensibilité politique à l'époque révolutionnaire. Pour mener ce qu'elle appelle une « profanation » des savoirs, au sens d'une restitution au public d'une forme d'histoire critique, elle affirme qu'il faut manifester dans l'écriture de l'histoire une dimension sensible qui postule des valeurs politiques communes. L'histoire est ainsi simultanément de la science historique et une pratique de conscience politique. Ses livres s'inscrivent contre une vision de la Révolution aujourd'hui encore dominante, pour laquelle à la « bonne » Révolution de 1789-1790, succèdent flots de sang, massacres affreux, détournements coupables d'une belle idée par les « terroristes », Robespierre, Marat et consorts. Elle a notamment publié, La liberté ou la mort, essai sur la terreur et le terrorisme (La Fabrique, 2003), La longue patience du peuple, 1792, naissance de la République, (Payot, 2008), Les émotions, la Révolution française et le présent, (éditions du CNRS, 2009).


 

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