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Quel avenir pour le futur ?


DATE : 24 JUILLET À 15H
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    avec Bruno Latour
    sociologue, philosophe et commissaire d'exposition


    Nicolas Truong reçoit Bruno Latour


    (photo © Martyna Pawlak)


    Les crises écologiques ont ceci d'intéressant qu'elles introduisent une distinction entre les notions jusque-là mélangées de futur et d'avenir. Le futur est mis en doute parce qu'il semble maintenant lié à une sorte de fuite en avant. C'est cette fuite que des penseurs comme Hans Jonas (1903-1993) ou Ulrich Beck ont voulu suspendre. Suspense, retournement. Que découvre-t-on une fois retourné ? Un avenir très différent du futur dans son déploiement et son rythme. Ces arguments de philosophie de l'histoire moderne, Bruno Latour voudrait en faire une fiction. Nom de code : Cosmocolosse. Le suspense, les retournements, n'est-ce pas le théâtre même ? Rencontre avec un penseur iconoclaste qui viendra notamment présenter son Manifeste compositionniste : « Les arts et la politique ne sont trop souvent reliés que par l'art officiel de sinistre mémoire, la commande publique, ou, plus savamment, par l'explication que l'on donne parfois des œuvres d'art en terme de "pouvoir" et de "contexte social". Or il existe bien d'autres liens possibles entre la liberté que donnent les œuvres et la liberté que recherche toujours, obstinément, la politique. Ces liens multiformes on les rencontre dès que l'on suit comment des citoyens, des élus, des activistes, des experts parviennent à briser les formes usuelles de représentation pour formuler à nouveau les problèmes, les affaires, les conflits qui les rassemblent et qui les divisent. La "chose publique" ne peut se composer qu'à la condition d'avoir assez de gens capables d'articuler les enjeux, de les représenter et de les composer à nouveaux frais. Les arts, les sciences, les politiques sont affaires d'articulation. Sans les artistes, nous resterions inarticulés. Sans les politiques, nous serions incapables d'articuler nos positions et d'en changer. Sans l'articulation du monde par les sciences, le monde resterait muet. »

  • Bruno Latour

    Né en 1947, Bruno Latour est professeur des Universités à Sciences Po dont il est chargé de la politique scientifique. Son premier livre La vie de laboratoire (1979) décrit le fonctionnement quotidien d'un laboratoire californien en utilisant des méthodes ethnographiques. De plus en plus intéressé par les multiples connections entre la sociologie, l'histoire et l'économie des techniques (La science en action, 1987), il a publié Aramis ou l'amour des techniques (1992), travail sur la dynamique des innovations et la philosophie des techniques qu'elle implique. Ses intérêts pour les questions d'organisation de la recherche vont de pair avec des travaux d'anthropologie philosophique comme Nous n'avons jamais été modernes (1991), Politique de la nature (1999) ou Changer de société-refaire de la sociologie. Après avoir été commissaire de l'exposition Iconoclash, il a organisé en 2005 une autre exposition, toujours avec Peter Weibel, au ZKM de Karlsruhe La Chose politique - Atmosphères de la démocratie. Dernier ouvrage paru, aux éditions La Découverte, comme l'ensemble de son travail, Sur le culte moderne des dieux faitiches (2009).


 

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