- ACCUEIL
- >
- ARCHIVES
- >
- ÉDITION 2011
- >
- RENCONTRES ET DÉBATS
- >
- THÉÂTRE DES IDÉES
- >
- PEUT-ON RÉINVENTER L'ÉCOLE ?
Peut-on réinventer l'école ?
-
estimée 2h
- entrée libre
Peut-on réinventer l'école ?
écouter l'enregistrement
avec
Marcel Gauchet historien et philosophe
Philippe Meirieu pédagogue et essayiste
L'école est devenue la chambre d'écho des problèmes moraux, la caisse de résonance de la casse sociale, l'amplificateur des révolutions qui s'accomplissent à l'intérieur des maisons et derrière les écrans de télévision. Autorité contestée, tyrannie de l'immédiateté, ennui, apathie, décrochage ou phobie scolaire, incivilité et désenchantement face à une société où pistons et relations semblent compter davantage que les parcours exemplaires. Loin d'être à l'abri du bruit du monde, l'école bénéficie de la modernité tout en subissant de plein fouet les métamorphoses de ce que l'écrivain Michel Leiris appelait la «merdonité». Et nombre d'enseignants ont l'impression que la société défait le soir après la classe ce qu'ils ont patiemment tenté d'élaborer dans la journée. Le sentiment d'appartenance à un projet qui transcende les individualités s'est évaporé. Le sens du «nous » s'est dispersé. Comment l'école peut-elle fédérer une collectivité à l'ère de l'entre-soi tribal et de l'individualisme intégral? La famille, ensuite, a largement cessé d'être l'alliée naturelle de l'école. La cellule structurante de l'enfant se décharge souvent de sa fonction éducative sur l'institution publique. Autrefois convergentes, les deux instances sont passées de la connivence à la discorde. Autre signe des temps : le sens des savoirs scolaires s'est diffracté et un mouvement de «désintellectualisation » gagne une frange de l'Europe, pourtant construite sur la culture humaniste. Ce constat ne doit pourtant pas conduire à une rhétorique de la déploration, ni au recours à l'incantation d'un passé mythifié. Comment redonner du sens à la scolarité et aux disciplines enseignées ? Comment retrouver le plaisir des apprentissages ? Tels sont les défis pédagogiques de cet entretien croisé entre deux intellectuels soucieux du devenir de l'école publique.
photo © Léa Le Bars
-
Marcel Gauchet
Né en 1946, Marcel Gauchet est historien et philosophe. Directeur d'études à l'École des hautes études en Sciences sociales et au Centre de recherches politiques Raymond-Aron, il est aussi rédacteur en chef de la revue Le Débat (Gallimard), qu'il a fondée avec Pierre Nora en 1980. Il a récemment publié La Condition historique (Stock, coll. Les Essais, 2003), entretien avec François Azouvi et Sylvain Piron qui retrace son parcours intellectuel et politique depuis 1968, L'Avènement de la démocratie, t. 1 La Révolution moderne, t. 2 La Crise du libéralisme et t. 3 À l'épreuve des totalitarismes, 1914-1974 (Gallimard, 2007-2010). Sur la question scolaire, il a publié, en collaboration avec Marie-Claude Blais et Dominique Ottavi, Pour une philosophie politique de l'éducation (Hachette littératures, 2003) et Les Conditions de l'éducation (Stock, 2008).
Philippe MeirieuNé en 1949, Philippe Meirieu a été instituteur, professeur de collège, de lycée et de lycée professionnel. Il est aujourd'hui professeur des universités en sciences de l'éducation. Il fut responsable d'un collège expérimental, rédacteur en chef des Cahiers pédagogiques, formateur d'enseignants. Il participa à la création des Instituts de formation des maîtres (IUFM), présida la consultation Quels savoirs enseigner dans
les lycées ? en 1997-1998. Il dirigea l'Institut national de recherche pédagogique et dirigea l'IUFM de l'Académie de Lyon. Actuellement vice-président de la Région Rhône-Alpes délégué à la Formation tout au long de la vie, ses ouvrages les plus connus sont : Le choix d'éduquer (ESF Éditeur, 1991), Frankenstein pédagogue (ESF Éditeur, 1996), Faire l'École, faire la classe (ESF Éditeur, 2004). Il vient de publier un livre d'entretiens avec le psychanalyste Jean-Bertrand Pontalis, L'école et son miroir (Jacob Duvernet, 2011).














