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1980 - 2003
En 1980, le Festival est à un nouveau tournant de son histoire. Géré par
une régie municipale, il n'est pas subventionné par l'État. Il doit
être modernisé et professionnalisé pour faire appel à la nouvelle
génération des créateurs. Paul Puaux passe la main ; il fait appel à un
plus jeune administrateur : Bernard Faivre d'Arcier, qui pendant cinq
ans s'attachera à ces objectifs.
Désireux de se consacrer à
l'histoire de l'aventure vilarienne, Paul Puaux crée la Maison
Jean-Vilar.
Le Festival conquiert son indépendance de gestion.
L'État rentre au sein de son conseil d'administration. L'équipe
d'organisation est développée pour faire face aux contraintes d'une
gestion moderne et à des exigences techniques de plus en plus
sophistiquées. Le dispositif de la cour d'honneur est transformé, pour
accueillir le Théâtre du Soleil, la troupe d'Ariane Mnouchkine avec ses
Shakespeare : la Nuit des Rois,
Richard II.
La nouvelle génération du théâtre comme de la
danse fait une entrée en force : Daniel Mesguich (Le Roi Lear), Jean-Pierre Vincent (Les Dernières nouvelles de la peste
de Bernard Chartreux), Georges Lavaudant (Les Céphéïdes de Jean-Christophe Bailly), Jérôme
Deschamps (Les Blouses),
Manfred Karge et Matthias Langhoff (La
Cerisaie, Le Prince de Hombourg), Philippe Caubère (La Danse du diable), Pina Bausch (Kontakthof, Walzer, Nelken),
Jean-Claude Gallotta (Daphnis et
Chloé, Yves P), Maguy Marin… etc. Le Festival devient l'une des
plus vastes entreprises de spectacles vivants. Symbole du changement,
l'affiche est désormais confiée chaque année à un plasticien différent.
Vilar
avait ouvert le Festival à la danse au cinéma puis au théâtre musical.
Bernard Faivre d'Arcier l'ouvre aux nouvelles formes et propose
notamment en 1984 une vaste confrontation du " vivant et de l'artificiel
" à travers une exposition, des rencontres, des débats.
En 1985,
Alain Crombecque, ancien directeur artistique du Festival d'Automne,
prend les rênes d'Avignon pour huit ans. À la confiance accordée à sa
génération théâtrale, il ajoute sa marque personnelle, en insistant sur
les lectures des poètes contemporains (Michel Leiris, René Char,
Louis-René Des Forêts…), sur la rencontre avec de grands acteurs, (Alain
Cuny, Maria Casarès, Jeanne Moreau), sur la musique contemporaine avec
le Centre Acanthes, les traditions extra-européennnes (musique indienne,
africaine, pakistanaise, iranienne…) ou encore avec la présentation du
Ramayana par différents pays d'Asie du Sud-Est.
Du Mahâbhârata, présenté par Peter Brook
à la carrière de Boulbon, au programme traditionnel et musical de 1992
consacré à l'Amérique hispanique, Avignon s'ouvre, en effet, davantage à
l'étranger. Le Festival n'en reste pas moins le point focal de grandes
aventures du théâtre français, convenant à des spectacles de dimensions
hors normes qu'il serait difficile de présenter ailleurs, comme
l'intégrale du Soulier de satin
de Paul Claudel, mis en scène par Antoine Vitez ou encore la projection
dans la Cour d'honneur avec orchestre de grands films muets du
répertoire cinématographique : Intolérance
de Griffith en 1986, Octobre
d'Eisenstein en 1989.
En 1993 Bernard Faivre d'Arcier revient au
Festival pour un nouveau mandat en compagnie de Christiane Bourbonnaud,
directrice administrative de la manifestation, avec, pour nouvelle
ambition, de faire d'Avignon l'un des pôles européens du théâtre.
L'édifice
s'est consolidé avec un budget renforcé, un public de plus de 100 000
entrées, pour une quarantaine de manifestations chaque été qui se
déclinent en plus de 300 représentations, réparties sur une vingtaine de
lieux scéniques, très différents les uns des autres.
Le Festival
continue d'être le rassemblement de la création française avec des
metteurs en scène reconnus comme Jacques Lassalle, Didier Bezace, Alain
Françon ou Stuart Seide et une nouvelle génération représentée par
Olivier Py, Stanislas Nordey ou Éric Lacascade, et des chorégraphes
comme Angelin Prejlocaj, Mathilde Monnier ou Catherine Diverrès. Il
poursuit l'ouverture internationale en invitant des spectacles
traditionnels et contemporains des cultures extra-européennes : Japon,
Corée, Taiwan, Inde, Amérique latine et de grands artistes européens
tels que Pina Bausch, Declan Donnellan, Romeo Castellucci et Alain
Platel. Il s'ouvre aussi aux pays d'Europe centrale et orientale avec
une saison russe en 1997 et en créant Theorem, association de théâtres
et de festivals qui souhaitent produire et diffuser de jeunes artistes
de ces pays comme Oskaras Korsunovas, Grzegorz Jarzyna, Krzysztof
Warlikowski, Arpàd Schilling…
En 2003, le Festival a été annulé à
cause des mouvements de grèves qui traversent le spectacle vivant en
France. Cette crise a été provoquée par la modification des règles
d'indemnité chômage des intermittents du spectacle, fragilisant
dangereusement leur protection sociale.














