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  • 7, 8, 9, 11, 12, 13, 15, 16, 17 juillet
    • Cour d'honneur du Palais des papes
    • Durée : 2h30
     
 
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  • 21, 22, 23, 24 juillet
    • Collège Champfleury
    • Durée : 3h45
     
 
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  • 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27 juillet
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Rencontres

Précédemment
 

Portrait

  • Depuis 1980, le metteur en scène suisse Christoph Marthaler fait halte sur la plupart des grandes scènes européennes de théâtre et d'opéra, apportant ses univers fictionnels et reconnaissables entre tous. La particularité de son œuvre réside dans sa capacité à mêler avec succès partition verbale et partition musicale, mots et notes, parole et chant, conséquence d'un itinéraire de formation original. Hautboïste et flûtiste, Christoph Marthaler s'est d'abord intéressé à la musique, avant de satisfaire sa curiosité pour le théâtre en rejoignant, dans l'après-mai 68, l'école Jacques Lecoq à Paris. Il est quelque temps comédien, puis se consacre pendant une dizaine d'années à la composition musicale pour spectacles de théâtre. Unissant déjà musiciens et acteurs, son premier projet personnel, Indeed, est présenté en 1980 à Zurich, capitale économique d'une Suisse allemande qu'il ne cessera jamais de quitter pour mieux y revenir. Une Suisse où il est né, dont il se réclame et sur laquelle il a toujours posé un regard critique. En 1988, à la demande de l'intendant de théâtre Frank Baumbauer, il s'installe à Bâle pour réaliser des « soirées », où il exerce son talent d'empêcheur de penser en rond. Performance sur le cinquantième anniversaire de la tristement célèbre Nuit de Cristal, la première se déroule dans la gare de la ville. La seconde réunit en 1989 de vrais soldats suisses qui, après un quart d'heure d'immobilité et de silence absolu, se mettent à chanter Die Nacht ist ohne Ende (La nuit est sans fin).

    1991 constitue une date charnière dans le parcours de Christoph Marthaler : c'est l'année où il rencontre la scénographe Anna Viebrock et la dramaturge Stefanie Carp avec lesquelles il débute une étroite collaboration qui se poursuit encore aujourd'hui. En 1993, à l'invitation de Matthias Lilienthal, dramaturge de la Volksbühne de Berlin, dirigée par Frank Castorf, il imaginait un spectacle lié à la chute du mur : Murx den Europäer ! Murx ihn ! Murx ihn ! Murx ihn ! Murx ihn ab ! (Bousille l'Européen ! Bousille-le ! Bousille-le ! Bousille-le ! Bousille-le bien !), une revisitation de l'histoire allemande à l'énorme retentissement. À la même époque, il rejoint Frank Baumbauer à Hambourg et crée une série de spectacles d'anthologie qui le font connaître hors des frontières suisses et allemandes. Se succèdent le Faust de Pessoa intitulé Faust racine carré de 1+2, Die Stunde null oder die Kunst des Servierens (L'Heure zéro ou l'Art de servir) et surtout Casimir et Caroline de Horváth pour lequel il est nommé metteur en scène de l'année en 1997. En quelques spectacles, le public découvre un metteur en scène qui bouscule la représentation, décale le réel, invente une esthétique nouvelle et met en scène, avec une humanité sans pareille, des hommes et des femmes en déséquilibre. Des personnages du quotidien, des figures de l'ordinaire, de grands enfants un peu perdus à qui il laisse le temps de nous émouvoir, en privilégiant ces moments de suspension que seul le théâtre peut encore nous offrir dans un monde qui s'accélère sans raison. Gares, salles d'attente, salles de cafés sont les lieux privilégiés dans lesquels Christoph Marthaler observe avec une minutieuse attention ce milieu populaire auquel il est attaché, avant de le transformer en une galerie de héros de théâtre qui, avec beaucoup d'humour, de tendresse, de mélancolie, mais sans aucun cynisme ou moralisme, nous raconte l'éternel de la condition humaine.

    Revenu à Zurich en 2000 pour prendre la direction de la Schauspielhaus, dont il sera malheureusement évincé en 2004, il poursuit ses créations personnelles, en alternance avec des œuvres du répertoire théâtral (Shakespeare, Jelinek, Büchner), mais aussi musical. Ce qui le conduit naturellement à déployer son talent sur les scènes d'opéra en collaboration avec le chef d'orchestre Sylvain Cambreling. Il a notamment mis en scène Debussy, Verdi, Beethoven, Schönberg, Mozart, Janácek et plus récemment Alban Berg avec Wozzeck à l'Opéra Bastille, et Offenbach et sa Grande Duchesse de Gérolstein au Théâtre de Bâle. Quelle que soit l'œuvre présentée, il reste animé d'une volonté d'établir un dialogue avec ses contemporains, en étant toujours « ici et maintenant ». C'est sans doute là le secret du travail de Christoph Marthaler, tout à la fois observateur du monde et poète de la scène. Au Festival d'Avignon, il a déjà présenté Groundings, une variation de l'espoir en 2004 et Riesenbutzbach. Eine Dauerkolonie (Riesenbutzbach. Une colonie permanente) en 2009.

     

    Anna Viebrock a su très tôt qu'elle travaillerait dans les théâtres. Après des études de philosophie et d'histoire de l'art, et six années de scénographie à l'Académie des Arts de Düsseldorf, elle intègre le théâtre de Francfort au poste d'assistante aux costumes et aux décors. C'est le début d'une carrière qui la mène à Heidelberg, Bonn, Stuttgart, Bâle, travaillant en particulier pour le metteur en scène Jossi Wieler. Grâce à l'intendant de la Schauspielhaus de Hambourg, Frank Baumbauer, elle rencontre en 1991 Christoph Marthaler et lui invente son premier « lieu à jouer » pour la pièce L'Affaire de la rue de Lourcine de Labiche. Commence alors une collaboration très étroite avec ce metteur en scène qui trouvera en elle une artiste indispensable à sa création. Ensemble, ils proposent des spectacles d'anthologie, Faust racine carré de 1+2, Stunde Null, Casimir et Caroline de Horváth, avant de rejoindre la Volksbühne de Berlin pour créer Murx den Europäer ! Murx ihn ! Murx ihn ! Murx ihn ab ! (Bousille l'Européen ! Bousille-le ! Bousille-le ! Bousille-le bien !) qui sera à l'origine de la reconnaissance européenne du travail de ce duo. Entre 2000 et 2004, Anna Viebrock participe à l'aventure de la Schauspielhaus de Zurich, qu'elle quitte avec ses amis, lorsque les édiles zurichois mettent fin au mandat de directeur de Christoph Marthaler, un an avant son terme. Travaillant également pour l'opéra, Anna Viebrock est aussi metteuse en scène et signe régulièrement des spectacles à mi-chemin entre théâtre et musique, dont le dernier, Wozuwozuwozu, a été créé cette année à la Schauspielhaus de Cologne. Elle n'en poursuit pas moins sa collaboration avec Christoph Marthaler avec qui elle investira la Cour d'honneur du Palais des papes. Au Festival d'Avignon, elle a déjà présenté avec lui Groundings, une variation de l'espoir en 2004 et Riesenbutzbach. Eine Dauerkolonie (Riesenbutzbach. Une colonie permanente) en 2009.

     

    JFP, avril 2010