I AM

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Archive 2014

Lemi Ponifasio

Auckland / Création 2014

I AM © Christophe Raynaud de Lage

Présentation

Une parole scandaleuse autant qu'une imploration. Il y a dans cette locution « I AM » la fierté de l'homme qui s'affirme sujet. Il y a la ferveur de celui qui réclame la reconnaissance. Autour de lui, Lemi Ponifasio a réuni un petit peuple, composé des artistes de sa compagnie, MAU, mais aussi de personnes rencontrées à Avignon et dans chacune des villes de sa tournée. Ensemble, dans la Cour d'honneur du Palais des papes, ils se lèvent. Venus de l'autre bout du monde ou bien des marges intérieures, ils montrent leur visage à l'Empire, aux puissants, ils participent à une cérémonie en l'honneur des vingt millions d'êtres humains morts pendant la Première Guerre mondiale. Ils deviennent les anonymes et ceux qui ne sont jamais nommés. Ils nous rappellent que la guerre n'épargne aucune catégorie, ni aucun continent. Des îles du Pacifique où le conflit est aujourd'hui toujours commémoré, Lemi Ponifasio convoque le théâtre de mythes et de cris d'Heiner Müller et d'Antonin Artaud, les visions plastiques de Colin McCahon, la force des choeurs maoris et samoans et invente les termes et la grammaire d'un langage universel, le langage d'une conversation entre Dieu et les morts, mais aussi entre les auteurs du présent et les fantômes du passé, témoins mélancoliques d'un siècle plein de la faillite de l'humanité.

MAU est un mot samoan qui signifie « affirmation solennelle de la vérité d'un sujet » et « révolution ». Un programme qui préside au travail de création de Lemi Ponifasio, originaire des îles Samoa, préoccupé par les liens entre subjectivité et transformation sociale, mais aussi entre intimité et transcendance. À la lisière du politique et du mystique, ses spectacles ouvrent une brèche dans notre espace-temps et font vaciller nos représentations. Le traitement de la lumière, des voix, des présences créent les conditions d'un abandon, d'un état d'éveil propice à la rencontre. À chaque escale de ses périples, l'artiste néo-zélandais prend le temps de la relation avec l'autre. Ainsi, il a côtoyé des hommes et des femmes du monde entier ; à New York alors qu'il jouait au Lincoln Center, à Berlin pendant la Berliner Festspiele, à Édimbourg, à Paris ou au Chili. Partout, il prend le pouls des villes et des gens, qui sonne ensuite dans des oeuvres à la fois intemporelles et ancrées dans le présent. Parmi les dernières pièces qu'il a créées, Stones In Her Mouth exprimait les capacités de résistance des femmes, Birds With Skymirrors faisait écho à la disparition des îles du Pacifique, Le Savali : Berlin confrontait la ville impériale de Berlin à ses propres communautés.

Renan Benyamina, avril 2014

Distribution

Conception, scénographie, chorégraphie et mise en scène Lemi Ponifasio
Lumière Helen Todd

Composition sonore Lemi Ponifasio et Marc Chesterman
Moteatea (poésie chantée traditionnelle maori) Ria Te Uira Paki
Costumes Kasia Pol
Production Susana Lei'ataua

Avec
Nina Arsenault, Rosie Te Rauawhea Belvie, Mere Boynton, Kasina Campbell, Gabriel Castillo, Muagututia Fu'a, David Irvine, Charles Koroneho, Susana Lei'ataua, Ria Te Uira Paki, Ioane Papalii, Peter Saena-Brown, Helmi Prasetyo (Teater Ruang), Teataki Tamango, Arikitau Tentau, Maereke Teteka, Bainrebu Tonganibeia, Rangipo Wallace-Ihakara

et la participation de
Nadjette Boughalem, Véronique Couderc, Omar Dahmane,
Simon Guermeur, Léa Louard, Diletta Moscatelli, Gilles Paume, Halim Rahmouni, Violaine Vezolle-Perichon

Production

Production MAU
Coproduction Festival d'Avignon, Ruhrtriennale, Edinburgh International Festival, Auckland Arts Festival, Creative New Zealand, Festival Santiago a Mil
Avec la collaboration de l'atelier les Z'Urbains et de la Maison pour Tous de Champfleury Avec le label « Centenaire » délivré par la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale

Infos pratiques

Photos

Audiovisuel

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