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Portrait

  • Après des études au Conservatoire national supérieur d'Art dramatique de Paris, Jean-Baptiste Sastre signe en 1995 sa première mise en scène, Histoire vécue du roi Toto, d'après l'œuvre d'Antonin Artaud. Il montera par la suite des textes de Genet, Duras, Marlowe, Büchner, Marivaux, Labiche ou Coleridge. Son travail de metteur en scène ne consiste pas seulement à assurer la direction d'acteurs, mais aussi à créer avec ceux qui l'accompagnent, et plus particulièrement les poètes et les plasticiens dont il s'entoure, une esthétique propre à chaque spectacle. À partir de 2005, Jean-Baptiste Sastre, alors lauréat de la Villa Médicis hors les murs à Londres, débute un travail sur le théâtre élisabéthain et tout particulièrement sur La Tragédie du roi Richard II qu'il présentera cette année dans la Cour d'honneur, pour sa première participation au Festival d'Avignon.

    Pour sa mise en scène de La Tragédie du roi Richard II, Jean-Baptiste Sastre s'appuie sur une nouvelle traduction de la pièce réalisée par Frédéric Boyer. S'intéressant d'abord à la littérature, à la philosophie et à l'exégèse, celui-ci publie à trente ans son premier récit, La Consolation. Il ne cessera alors d'écrire des romans, des essais, de la poésie, sans négliger des travaux de traduction. C'est à ce titre qu'il sera le maître d'œuvre du chantier qui aura permis, en 2001, l'édition d'une nouvelle version de la Bible par des écrivains contemporains, dont Olivier Cadiot, Jean Echenoz et Valère Novarina. Sa traduction de La Tragédie du roi Richard II, accompagnée de celle des Sonnets, est éditée chez P.O.L.

    Plasticien invité dans le monde entier, installé en France depuis 1962, Sarkis accompagne Jean-Baptiste Sastre dans la création de La Tragédie du roi Richard II, après une première collaboration autour d'une installation sonore, visuelle et odorante à la Grande Mosquée de Paris, pour l'édition 2009 de la Nuit Blanche. Véritable sculpteur d'espaces, il travaille notamment sur la lumière, la vidéo et sur des objets chargés d'histoire, rencontrés au hasard de la vie, qu'il met en scène pour établir un pont entre présent et passé.

    À l'exception de La Vie et la Mort du roi Jean, les tragédies historiques de William Shakespeare ont toutes comme toile de fond la guerre des Deux-Roses, qui ensanglanta la Grande-Bretagne et l'Irlande de 1399 à 1485, de la déposition de Richard II au couronnement d'Henri VIII. Il ne s'agit pas, pour le dramaturge, de raconter l'Histoire, mais de poser, à partir de celle des rois qui se sont succédé sur le trône, des questions sur le pouvoir et sur les passions qu'il peut engendrer. Écrite et représentée en 1595, reprise et censurée en 1597 au moment où la reine Elizabeth Ire était menacée dans sa fonction, La Tragédie du roi Richard II ne sera montée en France qu'en 1947 par Jean Vilar, lors de la première Semaine d'Art en Avignon.

     

    JFP, avril 2010